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Latest Story
Une base de données pour les modèles économiques de l'édition
Dans le cadre de la préparation de notre Repères sur L’édition électronique à paraître en mars 2010 aux Editions La Découverte, j’ai été amené à travailler sur la diversité des modèles économiques de l’édition. L’impression qui prévaut est l’absence de modèle dominant : accès gratuit avec modèle publicitaire, achat à l’unité, abonnement par bouquets, vente du papier avec l’électronique, de l’électronique en sus ou à la place du papier, modèles « freemium », revenus hybrides sur plusieurs types d’activité, appels aux dons, modèle auteur-payeur… les expérimentations sont nombreuses et variées. Afin de pouvoir mieux s’y repérer, j’ai utilisé une feuille de calcul en ligne sur Google docs, qui me sert de mini-base de données très simple. J’y recense un certain nombre d’entreprises d’édition (tous types : livres, presse, revues).
Lou Burnard : du Literary & linguistic computing aux Digital Humanities : retour sur 40 ans de relations entre sciences humaines et informatique
Marin et moi accueillons mercredi 16 décembre à 14h00 Lou Burnard dans notre séminaire EHESS sur les Digital humanities. Voici une présentation du contenu de cette séance :
Les sciences humaines sont en train de vivre un tournant majeur en intégrant de manière de plus en plus étroite l’usage des technologies numériques dans leurs pratiques de recherche. Cette évolution est pourtant en marche depuis plusieurs décennies, avec, dès les années 60, la réalisation de l’index Thomisticus par Roberto Busa. Dans son intervention, Lou Burnard revient sur cette évolution historique qu’il propose d’analyser suivant une structuration en trois périodes : Literary & linguistic computing, Humanities computing et enfin Digital humanities. Ces trois moments peuvent être identifiés comme trois pistes et positionnements différents dans la manière d’explorer les relations entre sciences humaines et informatique.
Message de service
Vous vous en êtes peut-être rendu compte : Blogo Numericus est désormais motorisé par Wordpress, excellent logiciel de publication de blogs. Plusieurs informations à ce propos :
Le paradigme de l'accès
Depuis la Budapest Open Access Initiative (BOAI), le mouvement en faveur du libre accès à la littérature scientifique en ligne se structure et progresse fortement.
Initiée en 2003, la Déclaration de Berlin pour le libre accès a été signée par 300 établissements dans le monde, mais par moins de 20 organismes français. La diffusion la plus large possible des résultats de la science est pourtant dans les missions et dans l’esprit des universités, depuis leur fondation. Il s’agit là d’un enjeu de société, touchant à la fois à des questions de culture et de citoyenneté, mais également à des questions strictement heuristiques et, enfin, à des questions d’impact.
Vers un THATCamp à Paris en mai 2010
Introduction du séminaire “Digital humanities. Les transformations numériques du rapport aux savoirs.”
Programme du séminaire : http://blog.homo-numericus.net/article10258.html
Animateurs du séminaire : Pierre Mounier et Marin Dacos.
Hashtag Twitter : #DHDM
* * *
Ce séminaire part de l’idée qu’émerge une discipline, appelée les Digital humanities, que l’on pourrait traduire en français sous l’appellation “Sciences humaines et sociales numériques”. Certains l’ont appelé Humanités numériques. D’autres ne l’appellent pas…
Jongler
Les évolutions numériques de la science sont marquées par la vitesse. La mutation des usages et des enjeux s’opère à une vitesse inédite, bousculant en profondeur les représentations et déstabilisant l’organisation institutionnelle, construite pour stabiliser l’académie en tant que productrice de savoir, d’autorité et d’enseignements. Parallèlement, la science continue à progresser très vite et il est difficile pour les chercheurs de lire tout ce qui paraît dans leur domaine de spécialité. On comprend que les promoteurs des Digital humanities, dont je fais partie, soient quelquefois déstabilisés de constater des écarts vertigineux entre les prises de conscience par les acteurs (chercheurs, éditeurs, universités) selon les endroits et les moments. De 1999 à 2009, dix ans de rencontres permanentes n’ont cessé de me donner le sentiment que la puissance des évolutions était imprévisible. Dès lors, préparer une conférence sur les enjeux de l’édition électronique reste une mission impossible, si l’on n’a pas eu la chance de rencontrer la communauté scientifique qui invite.
Séminaire Digital Humanities. Les transformations numériques du rapport aux savoirs
Marin et moi organisons à l’EHESS un séminaire mensuel sur les Digital humanities dont voici le descriptif :
Le séminaire se penchera sur l’émergence des Digital Humanities (DH), en Amérique du Nord et en Europe, à l’intersection des sciences humaines et sociales et des computer sciences. Ce terme désigne tout à la fois un ensemble de pratiques de recherche mobilisant de manière structurelle des moyens informatiques, des modèles épistémologiques relevant du concept de “e-sciences”, mais aussi des modes de diffusion des résultats de la recherche qui mobilisent les nouveaux moyens de communication en réseau. À un autre niveau, le développement des Digital Humanities a des implications en terme de politique scientifique pour les sciences humaines et sociales en faisant porter l’attention sur le besoin d’infrastructures de recherche d’un nouveau type (développement des cyberinfrastructures, grilles de calcul et plates-formes d’édition). Enfin, les Digital Humanities représentent, pour des disciplines dont l’inscription dans le champ scientifique fait débat, une opportunité pour aborder sous un angle différent leur position dans les relations sciences-société.
Les cinq piliers de l'édition électronique
L’édition électronique repose sur cinq piliers distincts : la structuration de l’information, la documentation de l’information, l’optimisation des conditions de lecture, l’appropriation par le lecteur et le développement des interopérabilités (ne sont pas intégrées ici les dimensions économiques et juridiques).
STRUCTURATION DE L’INFORMATION
Les choix de structuration de l’information sont décisifs à long terme. Les enjeux de ces métiers sont la maintenabilité, l’évolutivité, l’indexabilité, la citabilité, la pérennité et l’interopérabilité des contenus. La structuration de l’information ne concerne pas que le choix d’un format, mais, plus largement, la façon dont les documents vont subir des interventions régulières tout au long de leur vie, y compris après leur publication. Il faut donc intégrer le choix des formats dans un schéma plus général, qu’on appelera schéma directeur du système d’information, qui ne servira pas qu’à produire des ouvrages, mais aussi à alimenter le catalogue en ligne, le catalogue papier et les API ouvertes par l’éditeur.
Modèles économiques pour l'édition numérique : l'exemple d'Elsevier
Elsevier est un bon exemple de la manière dont les entreprises dominant l’époque de l’imprimé ont su prendre le tournant du numérique, et tentent, avec difficulté, de réinventer un modèle d’affaire aussi rentable que par le passé.
Fondée en 1880 à Rotterdam, la maison Elsevier a certainement su anticiper tous les tournants historiques qu’a pris le secteur des publications scientifiques : c’est d’abord, au moment de sa fondation, l’installation des revues scientifiques modernes comme support central à la communication des résultats de la recherche dans les différentes disciplines. Puis, au lendemain de la seconde guerre mondiale, du fait en particulier de l’exil depuis le début des années trente de la plupart des savants germanophones puis de l’Europe continentale entière vers les Etats-Unis, la montée en puissance de la langue anglaise comme lingua franca du monde scientifique. Dans les années 60, la société s’internationalise en s’implantant durablement aux Etats-Unis. A partir des années 80, elle entre dans le bal des fusions-acquisitions qui touchent le secteur, en avalant successivement North Holland, puis Pergamon, The Lancet, Cell Press, Academic Press, Harcourt, parmi bien d’autres, et finalement fusionner avec l’éditeur de presse professionnelle et grand public Reed pour former le groupe Reed Elsevier. Dès les années 80, Elsevier s’est intéressé à la transmission par voie électronique des articles de ses revues, vers les bibliothèques universitaires. De manière assez intéressante, il apparaît d’ailleurs que cette première expérimentation cherchait à répondre au prêt inter-bibliothèques qui, grâce à la généralisation des photocopieuses au cours de la décennie précédente, leur permettait de se répartir les abonnements aux revues. Arrivant trop tôt eu égard à la maturité des technologies de consultation sur support électronique, le projet,surnommé "Adonis" fut un échec, abandonné au bout de quelques années. Il fut suivi, dans les années 90, par le projet Tulip, un peu plus heureux, et qui déboucha en 1997, sur la mise en place d’un portail web d’accès direct à la totalité du catalogue proposé par Elsevier : Science Direct. Le service Science Direct offre aujourd’hui un accès à près de 2500 revues scientifiques, 9 millions d’articles et 6000 livres.
Service à accès restreint, Science Direct s’adresse aux bibliothèques de recherche et universitaires sur souscription. Les principes de tarification adoptés par Science Direct sont d’une grande complexité, et cette complexsité est en partie due à la difficulté de gérer la transition du papier à l’électronique. Ainsi, Elsevier distingue-t-il pour son service deux systèmes différents :
- un système d’abonnement, conçu comme le moyen pour une bibliothèque de continuer à acquérir les nouveaux numéros de revues dont elle possède une collection sur support papier. Dans ce cas, le prix de la licence varie en fonction du nombre de titres, des prix d’abonnements à la version papier des différents titres, mais aussi des services dont la bibliothèque veut bénéficier (droit d’archivage local, accès à des collections supplémentaires, accès aux articles sous presse)
- un système d’accès, totalement indépendant du papier, qui donne droit d’accès à des « bouquets de titres », sans archivage local possible. Ici, la tarification est surtout établie en fonction du nombre d’utilisateurs déclarés et de la prévision d’usage (nombre de téléchargements) moyenne sur un an. L’éditeur a formaté son offre pour des institutions types : agences gouvernementales, petites universités, business schools, entreprises. Il doit être compris comme un « prix de gros » établi sur un nombre prévu de téléchargements d’articles, chacun d’entre eux étant d’ailleurs possible à tout internaute, sur la base d’une tarification à l’unité ( principe du « pay-per-vew »).
Pour résumer, le système de tarification proposé par Elsevier balance entre une facturation sur les contenus indépendamment des usages (c’est le principe traditionnel de l’abonnement), et une facturation sur les usages de lecture, qui obéit à des principes tout différents. Le manque d’expérience de la plupart des prestataires sur ce dernier type d’offre incite à la prudence : alors que 90% des souscriptions au bouquet de revues Elsevier, se fait via Science Direct, c’est-à-dire sur support électronique, il devient de plus en plus aberrant que les tarifs des abonnement soient établis sur la base de ceux pratiqués pour la version papier. Le modèle a pourtant un énorme avantage sur tous les autres : il est pratiqué, connu depuis des décennies, et surtout…extrêmement rentable ! Ainsi pour l’année 2006, Elsevier annonçait un bénéfice de 580 millions d’euros pour un chiffre d’affaire de 2,286 milliards…
Conférences sur l'édition électronique 7-11 septembre à Marseille
Toute la semaine prochaine, le Cléo organise son "Université d’été de l’édition électronique ouverte" à Marseille. Il s’agit en réalité d’une semaine de formation à l’édition électronique, conçue essentiellement pour les professionnels et dont les inscriptions sont closes.
Chaque soir cependant, de 18 à 19h, nous organisons une série de conférences ouvertes au public au cours desquels des personnalités de premier plan viennent nous aider à réfléchir à l’avenir de la lecture, de l’écriture, du livre, de la culture à l’ère numérique. Nous disposons d’un grand amphithéâtre à l’Université de Provence pour accueillir tous ceux qui sont intéressés ; n’hésitez donc pas à venir, l’entrée est libre.
Cyberdiscrimination
La mondialisation, même numérique, n’est pas pour tout de suite. J’en ai fait l’expérience en tentant d’acheter un livre électronique sur la boutique Kindle d’Amazon. Comme je ne dispose pas de Kindle – et pour cause, il ne me servirait à rien en France -, j’ai cherché à utiliser l’application Kindle pour iPhone qui permet de lire les fameux fichiers sur son téléphone multi-fonctions. Premier obstacle : il est impossible de trouver le programme dans l’"App Store" d’Apple pour qui utilise un compte iTunes dont l’adresse est déclarée en France. En un mot, Kindle for iPhone n’est disponible que dans l’App Store américain. Pourquoi ? Mystère : ce produit est totalement immatériel et diffusé gratuitement. On ne voit pas en quoi il serait nuisible à Apple ou Amazon qu’il soit aussi disponibles pour les utilisateurs français.
Des liseuses aux terminaux mobiles
Crédits illustration : “La liseuse”, par Denis Collette. Licence CC/. http://www.flickr.com/photos/deniscollette/
Une lecture confortable…
Le monde de l’édition semble attendre beaucoup des machines à lire portables. Ces dispositifs, imaginés dès les années 1970 dans le laboratoire de recherche de Palo Alto de Xerox , sont apparus au début des années 2000, puis, après une longue éclipse, sont revenus en 2008 et ont commencé à constituer un marché spécifique en 2009 (surtout autour du Kindle d’Amazon, exclusivement aux USA). On les a longtemps appelés E-Readers, voire même E-books, confondant ainsi le contenu et la machine qui permet de le lire. Virginie Clayssen a proposé d’adopter le terme de liseuse pour désigner la machine.
Gutenberg, ce criminel
La bataille du livre électronique est lancée, et elle prend des allures de plus en plus industrielles.
Alors que la concentration du secteur de l’édition paraît ne pas se démentir, l’essentiel semble désormais ailleurs. Les fabricants de machines, de logiciels et de services se sont rués dans l’industrie de la culture numérique, cherchant à y prendre une place de choix. Si possible, avec monopole à tous les étages, formats propriétaires, goulets d’étranglements incontournables avec péages et octrois, police de la pensée, création artificielle de rareté, vente donnant droit à des usages restrictifs et provisoires, privatisation du patrimoine culturel de l’humanité. Le livre n’est qu’un secteur de la grande bataille engagée, à laquelle il pensait pouvoir échapper. Désormais, le terrain de jeu touche l’ensemble de la culture, et même un peu au-delà.
La conversation silencieuse
Dans mon intervention « Que savons-nous de l’identité, des comportements et des attentes des lecteurs de Revues.org en 2008 et 2009 ? », donnée à l’ENSSIB au début du mois, dans le cadre de la journée “Diversité des pratiques documentaires numériques dans les champs scientifiques (INTD – enssib – URFIST)“, j’ai commencé à tirer quelques enseignements de l’enquête actuellement en cours auprès des lecteurs de Revues.org (il est toujours temps d’y répondre !). J’ai également formulé quelques hypothèses sur la fidélité des lecteurs de blogs scientifiques, sur la base d’une analyse rapide des logs des serveurs.
Google Index as world heritage
Google Index As World HeritageView more OpenOffice presentations from marind.
Presentation at Lift 09, 18-20/06/2009, Marseille
Hello everybody. I have got 5 minutes to trigger a revolution, right now, and right here, in Marseille ! Not easy ! But I’ll do my best.
Googlography
Ok. To begin, here’s a small Googlography ; this is the result of a search on ‘Google’ keyword on Amazon.com.
After reading all theses books and magazine, it’s clear that Google scares most of us.
Is Google Evil ?
Je suis un pirate ; voici pourquoi
Cela faisait longtemps que j’attendais cela. Après des années et des années de législations toujours plus arriérées et répressives concernant les usages d’Internet, le projet de loi Création et Internet touche le fond et provoque une réaction salutaire. Car la constitution du Réseau des pirates et la rédaction du Pacte pour les libertés numériques que je viens de signer constituent une nouveauté assez importante.
